à partir de 15 ans
// 30min

« Que reposent ici en paix mes possibles non aboutis que meurent ici mes impossibles projections chéries
Adieu à ces parties de moi-même je ne perdrai pas le reste de ma
vie.»

Extrait du Livret Un petit quelque chose, texte d’Héloïse Desrivières

Et si on s’entrainait à mourir pendant son vivant? Venez, déposer une partie de soi. Puis, comme pour toutes les funérailles, une cérémonie s’en suivra, un rituel poétique qui permet d’apprivoiser sa finitude en joie et en douceur.

©Etienne Faivre

PARLER DE LA MORT

Tout commence avec un fil d’actualité sur les réseaux sociaux et le ciblage de l’algorithme… Loin de proposer des publicités pour des objets de consommation, Héloïse Desrivières à droit à l’histoire de toutes les momies retrouvées, les dernières découvertes, le traitement des corps en fin de vie. Déroutant comment ces cadavres embaumés s’immiscent dans son quotidien.
En parallèle, elle enterre de nombreux proches, et comme “l’écrivaine de la famille” elle se spécialise dans l’éloge funèbre. Elle pratique l’élégie, en cherche les sonorités et les rythmes. Elle découvre tout un pan de la littérature.
Comment chanter la mort ? Comment écrire ce passage ? Comment verbaliser la finitude et la disparition ?
La mort est un monde d’angoisse mais c’est aussi un espace politique car il est tenu sous un silence tel qu’on peut lui faire dire ce que l’on veut. Cependant, la réalité est simple… terrible… Une fois mort·e, notre corps ne nous appartient plus, il n’appartient pas non plus à nos proches, notre corps devient une propriété de l’état qui cadre sa destinée.
Sans parler que juste avant, le droit à mourir est encore un espace politique de débat.

Un Petit Quelque Chose pour aquamer une partie de soi-même

Un petit quelque chose? s’inscrit dans la lignée du texte Tombeau, on sait tous comment ça va finir. C’est un impromptu convivial qui nous pousse à réfléchir avec le sourire.
Comment faire le deuil de soi-même en cours de vie ? Comment accepter qu’on ne sera plus celui ou celle qu’on était avant ? Qu’est-ce que ce petit quelque chose pour disparaitre à soi-même ?
Dans un square, les spectateur·rice·s sont invité·e·s à venir enterrer une partie d’eux-même. Un Petit Quelque Chose pour s’entraîner à mourir de son vivant.
Accepter que la vie est une série de renaissances qui nous permettent de nous réinventer au fur et à mesure de nos mouvements et de nos évolutions.
Dans cette cérémonie baroque pour l’espace public, les spectateur·rice·s entrent et se placent sous la protection d’un·e mort·e célèbre. Puis la cérémonie commence. On pense en connaitre les contours. Des funérailles collectives. Un rituel loufoque et poétique qui nous permet d’apprivoiser notre finitude en joie et en douceur.