Gorfou-Tornade
// 45 minutes
ÉCOLOGIE | COMIQUE | GESTION DE LA VIOLENCE | INCLUSION | RYTHME EFFRÉNÉ | RIRE | BRUT | RACONTER UNE HISTOIRE | JUBILATION PAR LA FICTION | TORNADE NARRATIVE | DANSER SUR LES RUINES | DÉBORDEMENT | JOIE D’ÊTRE ENSEMBLE
GorfouTornade est une fable chorale, drôle et politique, où l’effondrement d’un monde ouvre la possibilité d’un autre. Tout se déroule dans une société « Gorfou » complètement zinzin.
À travers une langue ludique, inclusive et percutante, la pièce traverse le deuil, la colère et le chaos pour faire surgir, par le mouvement, la fête et le collectif, une joyeuse force de transformation commune.
RÉSUMÉ
La chorale des MiniGorfous raconte l’époque de la GorfouTornade, c’était il y a très très longtemps dans un monde de glace. À cette époque, toutoutes les MaxiGorfous mangent des glaces. Pour le plaisir, pour l’oubli, pour le réconfort, un remède : une petite glace.
C’est l’histoire de Mimi, unune MiniGorfou en colère qui tape sur tout ce qui bouge, et dont les parentalités ne savent plus quoi faire. Ça dégénère quand Mimi casse l’aile de Chouchou, unune autre MiniGorfou. GorfouPasParfaitfaite, parentalité de Chouchou arrive pour faire manger du poisson pourri jusqu’à ce que s’étouffe, mais pour ça il faut attraper Mimi. Les GorfouRugbys sont sur le coup et une course folle se met en place, ce qui provoque l’intervention de GorfousPolice qui finit par attacher Mimi qui meurt étoufféffée.
Drame national. La population est choquée. Branle-bas de combat dans la société, ça proteste, ça réfléchit, ça cherche à comprendre comment on a pu en arriver là. Les GorfouCommunications cherchent la version officielle tandis que GorfouAvocacate, GorfouPyschologueYoga et GorfouSuperNounou nourrissent le débat. Quand ça va trop loin, on leur donne des glaces pour se taire. L’insécurité s’installe et les MaxiGorfous ont peur pour leurs MiniGorfous. Tout le monde cherche à se sauver. Par tous les moyens, tandis que GorfouJuge et GorfouDétective enquêtent afin de comprendre pourquoi tout part en vrille.
Accompagné de GorfouArmémée qui vient calmer tout le monde, GorfouPrésidendente entre en scène pour faire un grand discours d’hommage. GorfouPompesFunèbres organise la cérémonie du siècle pour rendre hommage à Mimi avec GorfouStar qui revisite l’hymne national et une surprise… pour supporter la douleur qui règne. Les GorfouDirigeangeantes lance GLACES À GOGO qui autorise les MaxiGorfous à manger de la glace gratuitement et en illimité. Tout le monde devient foufolle, et se gave de glace jusqu’à l’indigestion. La société est paralysée par la consommation totalitaire et frénétique. Les MaxiGorfous deviennent des mormortes-vivanvante, et ça jusqu’à ce que la glace disparaisse totalement. Les MaxiGorfous ont tout dévoré. Pour supporter le manque, les corps des Gorfous se mettent à bouger, à sauter, à rebondir… à danser quoi ! Pour tout recommencer.
INTENTION LITTÉRAIRE ET MISE EN SCÈNE
« Confrontée à un monde absurde de violence et d’inaction, je veux répondre par le rire, l’espoir et la fête. Avec cette pièce, je propose un cartoon littéraire.
J’ai envie de prendre à bras le corps la colère qui gronde face à la violence systémique. Je veux envisager une époque où le monde bouge, court à une fin… pour tout recommencer. Ce texte désire transformer nos petites misères individuelles en joie collective.
Cette pièce s’adresse à la jeunesse, à partir de 8 ans. Ce cartoon raconte comment la mort d’un enfant par un système coercitif provoque la renaissance d’une société. En trois mouvements, j’ambitionne un double niveau de lecture, pour les plus jeunes bien sûr, et les adultes qui les entourent.
Littérairement, je souhaite que la parole-cadre soit portée par un chœur du futur, une chorale de MiniGorfous qui vient raconter, avec l’espoir d’un monde qui a su se réinventer. J’aime jouer avec le théâtre et ses traditions, me ré-emparer dans ce texte des codes du récit, du conte, du théâtre antique et de ses chœurs omnipotents. J’ai envie de donner le pouvoir du récit à l’enfance et à l’utopie. Les récits structurent la pensée et fondent l’imaginaire de demain.
Avec ce texte, je désire contribuer à raconter notre monde contemporain pour en décortiquer les principes et en trouver les mots. Il s’agit d’appréhender des espaces de partage et de réflexion collective pour que le futur soit appréhendé comme une zone à créer, un ensemble d’espoirs en devenir, une conjugaison de possibles. Je revendique la littérature et le théâtre comme un outil de construction de confiance et de réveil des désirs.
Le rythme est un enjeu majeur de ce texte. Il s’agit d’un théâtre survolté. Je le veux électrique, en tension et débordant. Je veux que les personnages de MaxiGorfous soient tous en situation de crise et donc acculés à des comportements régis par la peur ou l’urgence, par la fatigue et l’impuissance. Des comportements qu’on a contre nous- mêmes et dont on n’est souvent pas très fiers.
Par l’humour, je propose une vision acide de notre monde, mais une vision sans jugement. L’intrigue dessine chaque figure prise dans ses retranchements individuels pour se protéger, pour survivre, pour ne pas désespérer. Je crois que garder l’espoir est un combat quotidien et que cela passe par des moments de rires francs et fous qui vont faire de ces instants de partage des socles rebondissants pour aller vers des lendemains qui chantent… avec la Chorale des MiniGorfous. »
LE JEU ET LES PERSONNAGES
Ce plateau revendique le plaisir d’être ensemble, dans la joie. Un monde en mouvement perpétuel où les mots sont une fête, un plaisir de jubiler par la fiction. Les interprètes portent ce cartoon littéraire avec engagement, impétuosité et irrévérence.
Tout est au premier degré. Tout est là, ici et maintenant. Le jeu va vite dans une urgence à sauver le présent. Une incarnation débordante pour provoquer la déroute et le rire. Ici, une poétique du “toujours plus” pour lâcher prise et ouvrir des portes à l’intérieur du cœur.
Le jeu sera soutenu par un travail de costumes et d’accessoires qui favorisent l’entrée dans la dystopie et viennent apporter la joie et la gourmandise de l’image. Une tenue pour raconter et être dans la chorale, viendra s’agrémenter d’une doudoune pour entrer dans le monde d’avant. Une colorimétrie autour des glaces vanille-fraise, allant jusqu’au fluo pendant la boum. Les costumes se font sans aucune pièce neuve, dans un procédé de ré-emploi global.
LE SON ET LA BOUM
Tout au long de l’histoire, le son est parti-prenante de la dramaturgie. Comme un cartoon, il joue avec la chorale des MiniGorfous et nous aide à raconter l’histoire. Favorisant l’entrée dans un univers graphique, la création sonore créera une tension entre l’utilisation d’instruments classiques et percussifs utilisés dans les cartoons et la fabrique de bruitages en direct depuis le plateau. Sur scène, un des interprètes prend en charge un grand atelier sonore pour rendre visible cet artisanat et utilise la scénographie et les accessoires pour créer des boucles sonores et des samples qui entrent en rebond avec la narration.
Le spectacle est suivi d’une Boum – DJ Set où tous et toutes nous devenons des Gorfous pour danser et partager au présent… Un espace-temps festif pour se retrouver ensemble dans la joie. Dans cette boum, le son empruntera un chemin à travers l’histoire des danses collectives populaires : de la rave au tambour, de l’électro à la bourrée, pour se réapproprier les codes de la fête.
Pour ce temps partagé, tous les participants auront un serre-tête de Gorfou afin de faire vivre la foule qui compose une société.
UNE SCÉNOGRAPHIE DE MATIÈRE
Notre principale ligne de travail : le pouvoir de l’évocation. Les interprètes seront traversées par la physicalité des gorfous sans jamais être gorfou. Elles vivront sur la banquise sans jamais y glisser totalement. Un entre-deux permanent entre le récit et l’incarnation dans une urgence à être au présent. Raconter une histoire comme on fabrique un monde. Par le dire on fait apparaître, et l’image soutient l’évocation pour qu’elle perdure. Le plateau offre en partage le rapport des corps à la matière. Comment dialoguer avec le monde ? Comment être en relation avec l’autour ?
Au plateau, nous travaillons avec des rouleaux d’alushape : au recto un revêtement qui s’apparente à de l’aluminium, et au verso du tissu blanc de différents aspects. Une matière à sculpter et à fabriquer. Une matière qui se déchire, qui brille, qui réfléchit. Une matière pour être en colère, pour apprivoiser le nuage gribouillis et pour faire la fête, parce que c’est bien de là d’où vient la lutte. Une matière qui se transforme en boule à facettes. Une matière à inventer en toute écoresponsabilité.
Le principe général de la scénographie est une grande transformation de l’espace. On part d’un monde uniquement blanc, mat, parfois cotonneux, pour aller vers un monde métallique qui est brillant et réfléchissant qui se rétrécit. À la fin, nous arrivons à une boule géante, suspendue dans la version plateau, réinvention de la boule à facettes pour lancer la fête. Cet espace portera la métaphore de l’écologie dans notre monde contemporain.
ETE 21 – PREMICES ET ENJEUX DRAMATURGIQUES
L’écriture de Gorfou-Tornade a commencé lors d’une résidence avec les Ateliers Médicis, qui m’a permis de plonger dans le quotidien d’une classe de CM1 à Tonnerre dans l’Yonne. Pendant 6 mois, j’ai exploré le monde animal et les éléments naturels, j’ai apprivoisé l’écriture inclusive et les émotions qui dérangent, j’ai cherché comment aller plus vite que la vie avec les mots, comment concentrer le réel dans une histoire qui conjugue en fulgurance.
Les Gorfous se sont imposés. Leur nom d’abord comme un cri de ralliement. Leur corps fusiforme qui leur permet d’être rapides et furieux. Leur démarche par petits bonds si cocace. Leur houppette magistale. Ils sont à la fois loufoques et charismatiques, mignons et indomptables, indépendants et collectifs. C’est une espèce sublime et vulnérable. Ensemble, ils peuvent devenir Tornade, exprimer la puissance de la jeunesse et faire que le combat reste à jamais joyeux.
L’écriture de Gorfou-Tornade a commencé lors d’une résidence avec les Ateliers Médicis, qui m’a permis de plonger dans le quotidien d’une classe de CM1 à Tonnerre dans l’Yonne. Pendant 6 mois, j’ai exploré le monde animal et les éléments naturels, j’ai apprivoisé l’écriture inclusive et les émotions qui dérangent, j’ai cherché comment aller plus vite que la vie avec les mots, comment concentrer le réel dans une histoire qui conjugue en fulgurance.
Les Gorfous se sont imposés. Leur nom d’abord comme un cri de ralliement. Leur corps fusiforme qui leur permet d’être rapides et furieux. Leur démarche par petits bonds si cocace. Leur houppette magistale. Ils sont à la fois loufoques et charismatiques, mignons et indomptables, indépendants et collectifs. C’est une espèce sublime et vulnérable. Ensemble, ils peuvent devenir Tornade, exprimer la puissance de la jeunesse et faire que le combat reste à jamais joyeux.